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Saint-Jean-Bosco

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Accueil « Passage des reliques de St Jean bosco en 2012 « L'étonnant voyage de Don Bosco en France en 1883

L’étonnant voyage de Don Bosco en France en 1883

Saint Jean Bosco Ce n’était pas la première fois que Don Bosco venait en France. Mais ses voyages s’étaient alors cantonnés à la visite de ses maisons ou de ses bienfaiteurs de la côte méditerranéenne : Nice, Toulon (où il avait d’insignes amis et bienfaiteurs en la personne du Comte Colle et de sa famille), La Navarre, près de cette ville, et Marseille, d’où les premiers missionnaires salésiens étaient partis pour l’Amérique du Sud en 1875. Il vint à Toulouse, était invité à Pau et n’était pas inconnu à Aire-sur-Adour, en plein Sud-Ouest.

Mais au début de 1883 il avait décidé d’aller à Paris. Nulle intention touristique : la saison eut d’ailleurs été mal choisie. Nul attrait de la réputation prestigieuse de la grande capitale. Mais, il faut tout de même bien le dire, il avait grand besoin d’argent pour soutenir ses œuvres aussi bien en France qu’en Italie et pour ses missions. Il connaissait aussi la réputation d’accueil et de générosité des milieux catholiques parisiens avec qui il était d’ailleurs déjà en correspondance.

Aller à Paris ! Ce n’était pas une petite affaire en ce temps-là ; il n’y avait pas le TGV ! Son secrétaire, l’abbé de Baruel, se félicitera de ce que le voyage Marseille-Avignon se soit fait sans arrêt, en deux heures … une heure aujourd’hui.

Et puis Don Bosco n’était plus jeune. Il avait 68 ans, une vie de travail et de tracas de jour et très souvent de nuit, sur les épaules, une vue très affaiblie. Quand il mourra, cinq ans plus tard, ses médecins le diront usé à l’extrême. Il faut ajouter à cela une réelle difficulté de s’exprimer en français (un témoin parlait de son « méchant petit français »). En somme ce voyage en France ne s’avérait pas une partie de plaisir !

Du 13 février 1883 au 5 mars il reste à Nice. Il connaissait bien la ville et y était déjà très connu depuis la fondation de la maison salésienne dite Patronage St Pierre.

Du 8 au 16 mars, il fait la navette entre Cannes, Hyères, Toulon (où il est l’hôte du Comte Colle), Fréjus et La Navarre.

Du 17 mars au 2 avril, il est à Marseille, à l’Oratoire Saint-Léon, maison fondée par lui.

Du 2 au 5 avril, il est Avignon.

Puis c’est une visite à Valence, du 5 au 7 avril, et le départ pour Lyon où il restera jusqu’au 16 avril. « Mieux vaudrait traîner le diable que conduire un saint ! » s’exclamait le cocher débordé. Une plaque de marbre apposée en 19.. dans l’ancienne chapelle de Fourvière, à gauche de l’entrée latérale, rappelle cette visite. Sur la place de Fourvière il rendit visite aux Sœurs du Cénacle, tout particulièrement à deux malades : la Mère de Faix et à la cofondatrice qui devait devenir Sainte-Thérèse Couderc.

A Lyon encore, une conférence à la Société de Géographie sur la Patagonie. Le Saint n’y était jamais allé mais, à la suite d’un songe prémonitoire, il y avait envoyé ses premiers missionnaires en 1875. Il en recevait fréquemment des nouvelles et pouvait donc parler en connaissance de cause d’une région alors bien mal explorée.

Le 16 avril il part pour Paris en passant par Moulins.
Paris était le but principal de son voyage. Il reste du 18 avril au 5 mai et reviendra à son retour de Lille du 16 au 26 mai. Comme à Avignon, comme à Lyon, les foules envahissent la rue partout où il passe. Une femme du beau monde écrira même à sa fille : « Jamais on avait vu pareille foule à Paris autour d’un prêtre depuis que Pie VII y est venu » (pour le couronnement de Napoléon en 1804). Contrairement à ce qui s’était produit à Lyon où l’archevêque prévenu contre lui par son collègue de Turin ne l’avait pas autorisé à prendre la parole en public dans les églises, le Cardinal Richard lui concéda généreusement cette permission … et Don Bosco en usa largement, notamment à la Madeleine, à Saint-Sulpice et à N.D. des Victoires, lieu de pèlerinage marial très fréquenté par les Parisiens. Il recevait
beaucoup aussi dans des familles qui l’hébergeaient et ouvraient leurs salons à une multitude de gens avides d’avoir une bénédiction, espérant une guérison, demandant un conseil. Don Bosco pouvait dire par la suite : « On m’a soumis plus de cent cas de conscience dont un seul aurait justifié mon déplacement ».

Un jour, au 12 de la rue Ville-l’Évêque, on l’attend. Il arrive en retard et cherche à gagner le salon où il doit recevoir. Mais on fait la queue. Un monsieur de lui dire : « Monsieur l’abbé, ne poussez pas, attendez votre tour ; on veut voir Don Bosco ». - « Si vous ne me laissez pas passer, vous ne le verrez pas ». « Pourquoi donc ? » - « Parce que c’est moi, Don Bosco » - « Farceur, va ! ». Et Don Bosco dut revenir sur ses pas. Personne ne vit donc le saint ce jour-là rue de Ville-L’Évêque.

Quand il parle, c’est toujours pour rappeler aux nantis leurs devoirs envers les pauvres, surtout envers la jeunesse besogneuse.

Comme à Lyon où il avait voulu rendre visite à l’un de ses émules français, l’abbé Boisard, fondateur d’une école d’apprentissage, à Paris il prit contact avec l’abbé Roussel, fondateur de l’œuvre des « Apprentis d’Auteuil ». Tout ce qui intéressait la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière, lui tenait fortement à cœur.

Si Paris le retint longuement, il s’en échappa pour aller à Lille où existait une maison dont les salésiens prendront la direction l’année suivante : l’Institut Saint-Gabriel, et à Amiens.

A Lille où il demeure du 5 au 16 mai, il fait finement remarquer que son programme comporte plus d’invitations à dîner que de cérémonies religieuses. C’est que ses amis tenaient à lui faire rencontrer des personnalités souvent très engagées dans l’action sociale, importante dans cette région industrielle. Lors d’un de ces dîners fort somptueusement préparé, il demanda, très discrètement d’ailleurs, à son hôte : « Combien à peu près vous coûte ce repas ? » Un peu plus de 12 000 francs (d’alors bien entendu !) lui fut-il répondu. Et lui de reprendre : « Si mes enfants savaient que leur père dîne à ce prix, ils penseraient : Don Bosco aurait mieux fait de demander ces 12 000 francs pour nous payer du pain ». - « Et qui vous dit, mon Père, que je ne pensais pas aussi à eux ? » réplique son interlocuteur. Et, à la fin du dîner, il lui fit remettre cette somme.

De Lille il fit un saut à Roubaix, rentra à Paris pour quelques jours et regagna Turin en s’arrêtant à Dijon du 27 au 30 mai, puis, par Dôle rejoignit Turin.

A Don Michel Rua qui, avec quatre salésiens, avait été appelé à la rescousse pour faire face à un secrétariat débordé par l’organisation des audiences et l’abondance du courrier, il disait durant le voyage de retour : « Tous ces beaux messieurs et ces belles dames qui m’ont accablé de compliments ne pensaient pas les faire à un ancien bouvier »… C’est vrai, mais ils sentaient bien qu’ils les faisaient à un saint.

Père André BARUCQ, s.d.b.

 

Paroisse Saint-Jean-Bosco - Paris - 2011