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Paroisse catholique
Saint-Jean-Bosco

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Groupe Zachée Samaritaine

Pandémie mondiale : où est Dieu ?
Devant la pandémie du COVID-19 certains s’interrogent : Dieu est-il acteur ? Est-ce une rétribution de nos actes, une punition divine ? Ou : Pourquoi Dieu reste-t-il silencieux ? Quelques paroissiens se réunissaient le 18 mai sur zoom pour y réfléchir
Devant la souffrance, on ne peut que se taire. Mais des questions fondamentales spirituelles se posent à l’humanité souffrante. Pourquoi ce mal ? qu’en fait Dieu ? qu’en fais-je dans mon chemin de foi ? La question est éternelle. Posée comme cela, la question du « pourquoi ? » reste sans réponse et est une impasse. Mais l’interrogation sur l’épreuve reste, on la connaît tous un jour ou l’autre. Quelle espérance alors ? Osons quelques pistes de réflexion.
La création. Un peu comme dans le livre de Job, tentons de nous décentrer de nous-mêmes et observons la puissance de la création ; c’est constater nos limites et notre petitesse, face à son caractère grandiose, puissant, dont l’abondance est elle-même immense et apporte beauté et vie. Job reconnaît : « maintenant mes yeux t’ont vu » (Job, 42, 5-6). La logique de la création a été de donner la liberté à l’humanité, sans laquelle l’amour de Dieu serait inconcevable et sans laquelle l’humanité serait « esclave ». Le monde mis dans nos mains est donc inachevé ; créé, le monde n’est pas Dieu et ne saurait avoir sa perfection ; il est donc « en cheminement » vers sa perfection ultime ; le moment viendra où l’on verra la « Jérusalem nouvelle » descendre « du ciel d’auprès de Dieu » (Ap 21).
L’action de l’homme. Si on met ici de côté le mal moral d’origine humaine (guerre, persécutions, méchancetés…), même dans les phénomènes naturels comme une pandémie ou un tsunami, il y a une part de responsabilité humaine : la mondialisation des échanges sans régulation, les investissements désordonnés ou inappropriés, les choix économiques et environnementaux… sont des facteurs qui, bien souvent, amplifient des phénomènes naturels, voire les créent. Non l’humanité ne peut pas se contenter de chercher un responsable en se tournant vers le ciel.
Le dessein de Dieu et sa proximité. Dieu porte avec moi ma misère et « il m’aime » (Is 43,4) ; il a déjà achevé son projet en rendant la vie à la résurrection. Oui la Passion du Christ révèle un Dieu d’un amour fou. A notre interrogation fondamentale sur le mal, Dieu nous propose un mystère qui vient nous prouver son amour : Jésus crucifié, Fils de Dieu, homme parmi les hommes, se laisse défigurer par les hommes. La résurrection va nous montrer le bonheur de Dieu de nous montrer combien Il nous aime. « Scandale pour les juifs, folie pour les païens » (1Co 1, 23). Dieu fou d’amour, nous rejoint dans ce qui est la plus grande limite de notre existence : la mort.
L’écriture nous dit aussi que Dieu ne fait pas le mal ni la mort : « il a tout créé pour l’être » (Sagesse 1/12). Jésus choisit la vie et le pardon ; au paralytique, il dit « prends ton grabat et marche » (Mc 2, 9). Il y a la vie et la mort, le bien et le mal, la souffrance et la résurrection, mais le Seigneur nous dit : « choisi la vie, non la mort » (Deutéronome 30/15-20). Alors nous ne croyons pas comme les amis de Job que la souffrance serait une rétribution et encore moins une punition de Dieu. La Parole est d’un grand secours, elles passent parfois par ces petits anges qui traversent notre vie ; avec Jean dans l’Apocalypse (3/20), sachons que le seigneur est tout proche de nous : « je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. ». Cette tendresse est pour nous une espérance et proximité de Dieu.
L’incarnation nous éclaire et nous sauve. Dieu, à la création, les place homme et femme à son image. Le Fils prend notre chair ; en faisant ainsi, Dieu n’a-t-il pas abandonné son « rang » (cf. Ph 2,5-8) ? Il s’est abandonné et a abandonné sa puissance. L’incarnation : un Dieu fait petit pour venir nous rejoindre. « Car pour Dieu naître est renoncer. La naissance du Christ est déjà un sacrifice. » (S. Weill, Le Christ).
En faisant ainsi, il vient dépasser les limites de notre vie et nous ouvrir les portes du royaume si nous voulons bien nous ajuster à Lui. L’incarnation nous éclaire sur ce que Dieu est capable de faire pour nous et en même temps Il nous sauve. Le royaume est là : nous sommes destinés à devenir des veilleurs et des acteurs de cet amour, chaque fois que nos gestes, nos attentions, nos prières, portent un peu, humblement, la souffrance de nos frères et sœurs humains.
Christophe

MAJ le 17/06/2020

 

Paroisse Saint-Jean-Bosco - Paris - 2011